8 février 2010
Pour changer un peu, voici une histoire drôle que me communique aujourd’hui Émilie (qui commence à s’habituer à la vie cambodgienne et dont l’humeur s’améliore de jour en jour).
中苏美三国特工以各自追捕一只兔子并让它服罪为比赛内容。美国特工以最快速度抓到一只兔子,他把兔子放地上说:“你有保持沉默的权利……”兔子跑了。苏联特工走出森林,把遍体鳞伤奄奄一息的兔子扔在地上。这时,中国特工押着一只猴子走出森林,猴子一边走,一边举手低头说:“我是兔子,我是兔子。”
Vocabulaire :
中 zhōng : (abrév. de 中国 zhōngguó) (ici) chinois
苏 sū : (abrév. de 苏联 sūlián : Union Soviétique) (ici) soviétique
美 měi : (abrév. de 美国 měiguó) (ici) américain
特工 tègōng : agent spécial, espion
追捕 zhuībǔ : pourchasser, chasser
兔子 tùzi : lapin
负罪 fúzuì : avouer (sa culpabilité)
保持沉默 bǎochí chénmò : garder le silence
权利 quánlì : droit
遍体鳞伤 biàntǐ línshāng : avoir le corps couvert de blessures
奄奄一息 yǎnyǎn yīxī : (à qui il ne reste qu’un faible souffle) être sur le point de mourir
押 yā : conduire sous bonne garde (un prisonnier)
猴子 hóuzi : singe
举手 jǔshǒu : lever les mains
低头 dītóu : baisser la tête
Trois agents spéciaux, un chinois, un américain et un soviétique, décident d’organiser un concours pour voir qui sera le plus rapide à attraper un lapin et à le faire avouer. L’agent américain est le plus rapide, il sort de la forêt avec un lapin, le pose sur le sol et lui dit : « Vous avez le droit de garder le silence… » Le lapin s’enfuit à toutes jambes. C’est l’agent soviétique qui sort ensuite de la forêt avec un lapin couvert de blessures, à l’agonie, qu’il le pose sur le sol. On voit alors sortir l’agent chinois avec un singe qui, les mains levées et la tête basse, dit « Je suis un lapin ! Je suis un lapin ! »
Le commentaire d’Émilie : En Chine, on cherche souvent à vous prendre des vessies pour des lanternes…
Tags: agent spécial, 特工
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7 février 2010
Je publie aujourd’hui sur Sinogastronomie un petit article consacrée à la jambose, que les gourmands qui ont visité ou ont séjourné à Taïwan connaissent probablement sous le nom de 莲雾 liánwù. Comme j’ai trouvé une partie des renseignements utilisés pour rédiger ledit article sur un site taïwanais, je me dis que voilà une excellente occasion de proposer aux lecteurs de Sinoiseries un nouvel épisode de notre série sur le vocabulaire agro-alimentaire. (Pour lire l’article source évoqué, en chinois traditionnel, cliquer ici)
La jambose, appelée aussi jamalac en français, est donc le fruit d’un arbre fruitier (果树 guǒshù) de la famille des Myrtacées (桃金娘科 táojīnniángkē). C’est fruit tropical (热带水果 rèdài shuǐguǒ) originaire de la péninsule malaise (马来半岛 mǎlái bàndǎo), apporté à Taiwan par les Hollandais au dix-septième siècle. A Taïwan, la variété la plus réputée est celle que l’on appelle « perle noire » (黑珍珠 hēizhēnzhū).
La composition nutritionnelle (营养成分 yíngyǎng chéngfèn) de la jambose est proche de celle de la pomme (苹果 píngguǒ), mais la jambose est moins riche en sucre (糖份 tángfèn). Elle est en revanche riche en fibres alimentaires (膳食纤维 shànshí xiānwéi) et en vitamines (维生素 wéishēngsù) diverses (NB. : pour le mot « vitamine », on utilise parfois, surtout à Taiwan, la transcription phonétique 维他命 wéitāmìng).
L’article en question nous explique aussi que la jambose est juteuse et savoureuse (汁多味美 zhīduō wèiměi), et que les fleurs du jambosier (莲雾花 liánwùhuā) ont des vertus fébrifuges (退热 tuìrè) et qu’elles aident en outre à la digestion (助消化 zhù xiāohuà).
La jambose taïwanaise s’exporte aujourd’hui à prix d’or en Chine continentale, et a presque été la cause d’une crise d’économie domestique, aussi ai-je été ravi de la retrouver en abondance et à prix abordable sur les marchés (市场 shìchǎng) de Phnon-Penh (金边 jīnbiān).
Allez, pour vous donner un peu de courage, voici une petite photo de jambose prise dans mon petit deux-pièces (一室一厅 yīshì yìtīng, littéralement « une chambre un salon ») sur la rive occidentale du Mékong (湄公河 méigōnghé) :

Tags: fruits, fruits tropicaux, jamalac, jambose, 莲雾
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3 février 2010
Anecdote : mon assistante m’envoie aujourd’hui au Cambodge un pli express par le biais d’une société de courrier express bien connue dont le nom commence par D, et dans le quart d’heure qui suit, elle reçoit un coup de téléphone d’une personne prétendant représenter le service client de ladite société et l’invitant à aller sur Internet récupérer les informations concernant un pli que j’aurais envoyé du Cambodge à Suzhou….
Circonspecte, elle me demande derechef sur messagerie instantanée de confirmer cet envoi dont elle n’avait pas été informée…
Au bout de quelques échanges, je soupçonne une tentative d’escroquerie et m’exclame, étonné : 难道XXX的系统被黑了? Nándào XXXde xìtǒng bèi hēile ? : Serait-il par hasard possible que le système de XXX se soit fait « noircir » ?
Vocabulaire :
难道 nándào : (formule oratoire) est-ce que par hasard, serait-il par hasard possible que
系统 xìtǒng : système
被 bèi : (ici) particule grammaticale marquant la forme passive
黑 hēi : noir, (parfois) noircir
了 le : (voir le billet consacré à ce caractère)
C’est bien évidemment le caractère 黑 hēi qui, ici, est susceptible de titiller l’intellect du sinologue attentif et curieux.
Dans le contexte ci-dessus, 黑 hēi ne doit bien entendu pas être compris dans son sens originel, la non-couleur noire, ni même dans son sens figuré qui est : méchant, mauvais, sans coeur. Ici, le caractère 黑 a le sens de « pirater », dans l’acception informatique du terme. Comment en est-on arrivé là ?
黑 est dérivé en l’occurence du mot 黑客 hēikè, littéralement « invité noir », qui lui-même signifie « pirate informatique », ou pour les maniaques du jargon saxon en matière informatique, « hacker », dont il est l’adroite transcription phonétique.
Gardez-vous donc, en voyant le mot 黑 dans ce genre de contexte, d’essayer de former dans votre esprit l’image mentale d’un méchant personnage armé d’un pot de peinture essayant de recouvrir d’acrylique noire l’écran de votre ordinateur, mais tentez plutôt d’imaginer un énergumène affublé d’un bandeau ensanglanté couvrant un oeil, coiffé d’un chapeau sans forme, un couteau émoussé entre les dents, en train de tapoter sur un clavier informatique…
PS. : En chinois, un pirate, dans l’acception maritime du terme, se dit 海盗 hǎidào, littéralement « voleur des mers ».

Cette belle image de 海盗 a été piratée ici.
Tags: pirate, 海盗, 黑, 黑客
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31 janvier 2010
Décidément, Émilie est en verve en ce moment…
Agacée de mes commentaires inconditionnellement laudatifs sur le petit royaume du Cambodge et sur les Khmers, elle a fini par lâcher, ironique : 在柬埔寨,放的屁都是香的!
Vocabulaire :
柬埔寨 jiǎnpǔzhài : Cambodge (transcription phonétique du khmer Kampuchea កម្ពុជា)
香 xiāng : parfumé, sentir bon
Traduction plus ou moins littérale : Au Cambodge, même lorsque l’on libère ses intestins d’un excès de méthane, ça sent bon !
Que voulez-vous répondre à cela ?
Tags: 放屁, 柬埔寨
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29 janvier 2010
Scène ordinaire de la vie quotidienne d’un couple franco-chinois hissé sur une remorque tirée par une motocyclette (communément appelée « tuk-tuk ») dévalant du Nord au Sud le boulevard Sothearos, Phnom-Penh, Royaume du Cambodge, ce jeudi 29 janvier 2010…
Mini-dialogue :
在下:今天晚上……(Ce soir…)
皇太后:不用说了,你屁股一撅,我就知道你要放什么屁!(Pas la peine d’en dire plus, je devine parfaitement ce que tu veux dire…)
在下:(sourire embarrassé)
皇太后:哈哈! (Ha ! Ha !)
Notes pour une meilleure compréhension du mini-dialogue :
在下 zàixià : (littéralement) moi, qui suis en position inférieure, (expression polie et surannée pour dire « je »)
皇太后 huángtàihòu : impératrice douairière (c’est le surnom dont j’abuse pour parler de ma douce et belle Émilie, et qui dépeint assez bien son caractère un peu autoritaire – Notre petit Léo de deux ans et quatre mois l’a d’ailleurs bien compris qui dit à qui le lui demande que maman s’appelle 皇太后)
屁股 pìgǔ : derrière, fesses, postérieur
撅 juē : se relever (p. ex, pour les coins de la bouche, la queue d’un animal, etc.)
屁 pì : pet
放屁 fàngpì : (révision) libérer ses intestins d’un excès de méthane
Ce que j’ai donc traduit par « Pas la peine d’en dire plus, je devine parfaitement ce que tu veux dire », a donc été exprimé par Émilie sous la forme : « Pas la peine d’en dire plus, à peine dardes-tu ton postérieur, que je sais de quelle nature sera le pet que tu es sur le point d’émettre… », voulant dire par là, bien sûr, qu’elle me connaissait comme sa poche.
Plus élégamment, elle aurait aussi pu dire 我对你了如指掌 wǒ duì nǐ liǎorú zhǐzhǎng : je te connais comme la paume et les doigts de ma main.
Mais peu importe, ce que l’élégance a perdu, la couleur linguistique l’a gagné !
Tags: 在下, 屁, 屁股, 撅屁股, 放屁, 皇太后
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