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Langue populaire et argotique (38) : De l’art et de la manière d’interpréter le dardement du bas du dos du diable étranger

Vendredi 29 janvier 2010

Scène ordinaire de la vie quotidienne d’un couple franco-chinois hissé sur une remorque tirée par une motocyclette (communément appelée « tuk-tuk ») dévalant du Nord au Sud le boulevard Sothearos, Phnom-Penh, Royaume du Cambodge, ce jeudi 29 janvier 2010…
Mini-dialogue :
在下:今天晚上……(Ce soir…)
皇太后:不用说了,你屁股一撅,我就知道你要放什么屁!(Pas la peine d’en dire plus, je devine parfaitement ce que tu veux dire…)
在下:(sourire embarrassé)
皇太后:哈哈! (Ha ! Ha !)

Notes pour une meilleure compréhension du mini-dialogue :
在下 zàixià : (littéralement) moi, qui suis en position inférieure, (expression polie et surannée pour dire « je »)
皇太后 huángtàihòu : impératrice douairière (c’est le surnom dont j’abuse pour parler de ma douce et belle Émilie, et qui dépeint assez bien son caractère un peu autoritaire – Notre petit Léo de deux ans et quatre mois l’a d’ailleurs bien compris qui dit à qui le lui demande que maman s’appelle 皇太后)
屁股 pìgǔ : derrière, fesses, postérieur
撅 juē : se relever (p. ex, pour les coins de la bouche, la queue d’un animal, etc.)
屁 pì : pet
放屁 fàngpì : (révision) libérer ses intestins d’un excès de méthane

Ce que j’ai donc traduit par « Pas la peine d’en dire plus, je devine parfaitement ce que tu veux dire », a donc été exprimé par Émilie sous la forme : « Pas la peine d’en dire plus, à peine dardes-tu ton postérieur, que je sais de quelle nature sera le pet que tu es sur le point d’émettre… », voulant dire par là, bien sûr, qu’elle me connaissait comme sa poche.
Plus élégamment, elle aurait aussi pu dire 我对你了如指掌 wǒ duì nǐ liǎorú zhǐzhǎng : je te connais comme la paume et les doigts de ma main.
Mais peu importe, ce que l’élégance a perdu, la couleur linguistique l’a gagné !